Comme je l’ai souvent mentionné dans mes ouvrages, le perroquet est un animal qui n’a que quelques décennies de vie en compagnie des humains. Contrairement à nos chiens ou chats qui ont évolué pour vivre en compagnie des hommes depuis des millénaires, le perroquet lui n’a pas de générations successives d’adaptation à la vie dite ‘d’animal domestique’. Pour cette raison, sa programmation de base (qui a demandé des millions d’années à se construire) est demeurée intacte. Les instincts de la bestiole sont encore à ce jour indomptés, c’est-à-dire qu’ils n’ont subi aucune modification ni génétique, ni comportementale. Le perroquet même né en captivité, nourri et élevé par l’humain, réagira instinctivement à un stimulus.  Cependant, la réponse de l’oiseau risque d’être totalement inadaptée à la situation puisqu’elle ne sera pas supportée par une solide socialisation.

Votre perroquet est un animal d’instinct sauvage! Ainsi, les nombreux besoins physiques et psychologiques du perroquet se butent à notre mode de vie d’humain. C’est un animal exigeant, difficile à contenter à plusieurs niveaux. Par expérience, je peux vous affirmer que le perroquet demande beaucoup plus d’investissement en temps, en attention et en observation que nos chiens et nos chats.

Lorsqu’on acquiert un perroquet, nous avons une idée préconçue du compagnonnage idéal avec cet animal. Nous avons des attentes, des espérances, des aspirations, mais il y a peu de chances que ça se passe de la manière dont nous avons idéalisé cette relation. Parce qu’il a la capacité d’imiter notre langage, nous avons tendance à penser que cet animal s’accommodera de ce qui nous satisfait nous; que ce qui nous rend heureux fera aussi son bonheur; que ce qui est bon pour nous l’est aussi pour lui. We are wrong!

Bon, les perroquets en ont un peu marre qu’on leur ramène le ‘problème de comportement’ pour tout et pour rien. Quand l’oiseau agit sans que ce soit à la convenance de l’humain, on pointe illico le ‘problème de comportement’. Un peu rapide sur la gâchette l’humain pour accuser l’oiseau à tort et à travers. Pourtant, comme nous l’avons vu dans les billets précédents, il y a de ces comportements qui nous semblent dérangeants et qui pourtant sont tout à fait normaux pour eux. Le perroquet est de nature plutôt ‘psttadiaire’.

Combien de fois ai-je entendu: ‘Mon perroquet fait ceci; mon perroquet a agi comme ça; est-ce que mon oiseau est normal ou est-ce un problème de comportement?’

Ma conure crie toute la journée; mon gris d’Afrique ne parle pas…’
Bien oui, la question se pose: C’est quoi être normal pour un perroquet?

Dire qu’une conure est bruyante est presque un pléonasme!  Bien sûr la conure sait se contenir, mais peut-être qu’elle n’en a pas envie. Crier est le mode de communication par excellence des conures; alors, peut-être est-ce une super communicatrice qui en a long à vous raconter à votre retour du travail? Peut-être est-ce sa façon de vous faire comprendre qu’elle a envie de votre compagnie et qu’elle ne compte pas pour des prunes? Peut-être est-ce simplement, comme les conures le font en nature, pour vous communiquer sa localisation dans la maison ou la direction qu’elle décide de prendre lorsqu’elle s’envole? Qui peut dire?

Se plaindre de son gris d’Afrique de cinq ans qui ne parle pas sans se poser les questions suivantes: Peut-être n’est-il pas doué simplement? Peut-être n’en ressent-il pas le besoin parce qu’il arrive à se faire comprendre autrement? Peut-être n’en a-t-il tout bêtement pas envie? Bien évidemment que le gris est reconnu pour ses facultés langagières ‘humaines’; tous ont la capacité de s’exécuter, cela fait partie de leur bagage génétique, mais tous ne voient pas nécessairement l’intérêt de le faire. Si votre oiseau refuse ou ne sent pas le besoin de parler humain, peut-on alors parler d’un gris d’Afrique anormal?

Dans mon propre bagage génétique humain (et dans le vôtre), il est inscrit que j’ai la possibilité de faire un salto arrière, de garder mon équilibre sur une corde ou encore de courir le 100 mètres en 17 secondes. Est-ce que je le fais pour autant? Prenez ma  parole si je vous réponds non. Je n’ai jamais fait l’effort de développer ces compétences, je n’en avais simplement pas l’envie, pas du tout d’intérêt pour ces activités. Est-ce que je suis une humaine normale docteur?

Dans le billet précédent, nous avons vu comme il est facile de se façonner un petit Dracula à plumes par nos propres actions et/ou réactions, et ce, sans que jamais le principal intéressé ne se rende compte qu’il a mal agi. C’est humain ça… Tout mettre en œuvre pour se créer son monstre à soi, pour ensuite se plaindre de lui et lui reprocher son déplorable comportement. En effet, M. Perroquet est persuadé de son bon droit quand il nous agresse. Pour lui, il ne fait que communiquer et qui plus est, il le fait correctement, c’est-à-dire de la manière qu’on lui a enseignée pour se faire comprendre.

Bon, bien évidemment on n’aime pas trop ça une croquée pour un oui et surtout pour un non; ça commence à bien faire! Alors, on rembobine le tout et on repart sur un canevas tout neuf. Excellent programme en perspective.

Avertissement: Ce qui suit vous servira dans plusieurs facettes de votre cohabitation avec Coco, pas seulement pour les croquées de communication. Je vous donnerai quelques exemples au fil des billets. Ce sera (je le souhaite) votre nouvel art de vivre avec Coco, qui devra toujours être gagnant-gagnant,  pour lui comme pour vous.

Comment faire diminuer un comportement ou une réponse (qu’on aime pas trop).

Vivre avec un perroquet, n’est-ce pas être confronté un jour ou l’autre à l’inévitable morsure?
Pourtant, vous lui donnez tout à ce petit gars (ou fille); vous en prenez soin, vous le nourrissez, jouez avec lui, le cajolez et puis… Crac! comme ça, pour rien (selon votre perception) Coco vous avise de son mécontentement par une de ces croquées de tous les diables; vous savez, de celles qui font encore plus mal dans notre cœur que sur notre main. Pourtant, je n’ai rien fait, me dites-vous, tout se passait comme d’habitude! Ce à quoi je vous réponds… ‘Ce comme d’habitude’, cette façon-là de faire, ça dure depuis combien de temps?
Qu’est-ce qui fait qu’aujourd’hui Coco en a eu ras le bol, que le vase a débordé pour lui?
Il y a forcément une raison… parce que c’est comme ça avec les perroquets, il y a toujours une raison!

Quoi qu’on en dise, le perroquet n’agresse pas juste comme ça, ‘pour rien’.

Je ne sais pas ce qui en est du besoin d’estime chez le perroquet sauvage, mais en captivité, comme vous avez pu le remarquer (j’en suis certaine), le perroquet recherche constamment l’attention de son humain et aspire à une certaine forme de reconnaissance de la part de ce dernier. Pour ce faire, il doit apprendre à bien se comporter socialement pour être accepté et apprécié des autres membres du groupe, en l’occurrence votre famille.

♫♫♫ Tu veux ou tu veux pas… c’est oui ou ça ne va pas?
Dis, tu veux ou tu veux pas… (air connu). ♫♫♫

En voilà un long sujet et vous savez quoi?  Je ne m’en excuse pas, parce qu’il est trop important chez nos perroquets de compagnie. On lit souvent qu’il ne faut pas répondre aux avances sexuelles de notre perroquet, qu’on doit le repousser quand il se fait trop entreprenant et qu’il ne fait que « penser à ça ». Si seulement c’était si facile, si on n’avait qu’à dire « non » et que Coco comprenait. J’ai écrit ce texte en espérant vous mettre un peu à la place de votre perroquet, de vous amener à voir la chose de son point de vue à LUI.

Voilà, on grimpe encore d’un étage dans la pyramide des besoins de Maslow. Nous allons maintenant discuter de ce (considérable) besoin d’appartenance chez nos perroquets, animal grégaire s’il s’en faut!

Les perroquets sont des animaux sociaux qui ne savent pas survivre sans la présence sécurisante des autres. Votre perroquet a besoin d’avoir l’assurance qu’il fait partie intégrante du groupe social que vous formez avec votre famille. Vous devrez l’intégrer dans le maximum de sphères d’activité possible, puisque ce n’est que dans ces conditions qu’il pourra se développer pleinement au sein de votre famille.

Il vous faudra trouver le juste milieu, votre perroquet a besoin d’être aimé, mais pas d’être étouffé par trop d’amour (même si vous en avec beaucoup à donner).

Aujourd’hui, je vous parle du précieux besoin de sécurité de Coco. Ce sera donc un assez long billet parce que ce besoin de sécurité est essentiel au développement du perroquet vivant en captivité et, de ce fait, ne pouvant lui-même assurer sa sécurité.

Malheureusement, la plupart débutent dans la vie de façon très précaire. En effet, la première insécurité dès la naissance: le mode d’élevage (EAM) qui créera une insécurité latente qui se manifestera différemment selon l’espèce, le tempérament ou la capacité de résilience de l’individu.

Les méthodes d’élevage contemporaines incluent le nourrissage à la main des oisillons, ce qui signifie en pratique…

Dodo, mais pourquoi faire? se dit maître perroquet…
Vous êtes plusieurs à m’avoir décrit le calvaire de faire entrer le perroquet dans sa cage pour la nuit. Ça ne devrait pas se passer comme ça. En fait ce devrait être un moment agréable pour l’oiseau, qu’il devrait anticiper avec plaisir. Si ce ne l’est pas, il résistera de toutes ses forces, allant même jusqu’à la croquée pour éviter d’être reconduit à sa cage ou son local à lui pour la nuit.

Le moment du coucher et le rituel qui l’entoure demande un peu d’investissement de votre part. C’est ce qui fera la différence entre le rêve et le cauchemar. Voici mes réflexions sur le sujet…

Dans l’univers de perroquet de notre Coco, il y a souvent un monde de différence entre ce que nous considérons indiqué pour lui et ses réels besoins. Pour arriver à bien cohabiter avec un perroquet, le câliner, lui parler et l’aimer à la folie, c’est bien, mais ce n’est pas assez. En effet, le minimum du minimum serait de connaître ses besoins, et ce, avant même de tenter de comprendre ses comportements, simplement parce que les conduites de notre oiseau découlent trop souvent directement de ces besoins. En connaissant les besoins de notre perroquet, il nous est plus facile de mettre le doigt sur ceux (nombreux) qui ne sont pas satisfaits. Ces besoins inassouvis sont aussi ceux qui engendrent et maintiennent plusieurs comportements perturbants de l’oiseau.

Alors, voilà, nous y sommes. Ceci est le tout premier billet du Post des perroquets et c’est aussi, je crois, un des plus importants.
Bien évidemment, je vous parlerai des comportements de Coco chéri (beaucoup, passionnément, à la folie) dans ces pages, mais avant toute chose, il est important pour moi de vous faire réfléchir à ceci…
… vous devrez toujours tenter de comprendre un comportement (bon ou moins bon) de votre perroquet, de quelque espèce qu’il soit à travers du filtre suivant: *votre perroquet est un animal imprégné à l’humain, et vous n’aurez pas le choix de composer avec cet état, l’empreinte est irréversible.