Le perroquet comme tout autre animal sait faire preuve d’agressivité dans diverses situations. Normalement, le comportement d’agression suit un modèle comportemental:

  1. Avertissement, menace, intimidation.
  1. Si la première phase de menace ne fonctionne pas, il passera à l’action en mordant plus ou moins fort, selon le degré d’irritation ou de danger.
  1. Après l’agression vient ce qu’on appelle une phase d’arrêt ou d’apaisement.

C’est ce qu’on appelle « l’agressivité réactionnelle », c’est-à-dire que l’oiseau réagit à un stimulus en suivant une séquence comportementale normale.

Cependant, en captivité chez le perroquet *dyssocialisé (eam), on observe trop souvent un genre d’agressivité qu’on ne devrait pas rencontrer entre un animal proie (le perroquet) et un animal prédateur (humain). Je parle ici d’une agression où les phases de menace et d’apaisement ont totalement disparu, c’est-à-dire que l’oiseau passe directement à l’agression sans autre forme d’avertissement. Ne faites jamais l’erreur de croire qu’un perroquet né en captivité, dyssocialisé, nourri par l’humain et imprégné à celui-ci vous avisera à tout coup de son intention de vous faire violence. Que nenni! Ce n’est pas que l’oiseau est traître ou hypocrite, c’est seulement que la méthode d’élevage à la main (eam), cette dyssocialisation primaire souvent accompagnée d’un *syndrome d’isolement (privation sensorielle),  a rendu le perroquet dit ‘de compagnie’ terriblement imprévisible.

Au stade instrumentalisé, le perroquet présente une hyperagressivité secondaire avec morsure (parfois très violente) sans avertissements ni menaces et de manière très impulsive.

*Dyssocialisation primaire: « Il s’agit du plus grave des troubles du développement entraînant de l’agressivité » – Isabelle Viera, vétérinaire comportementaliste.

C’est le défaut d’acquisition des conduites sociales propres à l’espèce qui se développent normalement en très bas âge dans les premières semaines / mois de la vie (selon l’espèce) et qui sont indispensables à la vie de groupe. C’est l’absence d’apprentissage des règles sociales et des codes de communication. Le perroquet séparé de ses parents n’a pas acquis, lors de son développement, les mécanismes primaires d’inhibition sociale; il ne sait donc pas comment se comporter avec ses congénères, ne sait pas comment résoudre un conflit. Ce qui le rend imprévisible, voire même dangereux.

* Syndrome d’isolement ou privation sensorielle:
C’est l’incapacité de l’oiseau à gérer correctement les informations sensorielles. C’est le résultat d’une insuffisance de stimulations au cours du développement de l’oisillon qui, n’ayant pu apprendre à connaître suffisamment son environnement, devient incapable de s’y adapter par la suite.

Q. Pourquoi le perroquet nous agresse?
En premier lieu, parce qu’il ne craint pas l’humain. Il faut savoir que normalement, les agressions, autres que celles liées à la prédation, se passent à l’intérieur même de l’espèce (intraspécifique). Alors pourquoi, le perroquet (animal proie) ne démontre aucune crainte envers l’humain (animal prédateur) et pire encore, n’a aucune hésitation à s’en prendre à celui-ci (agression interspécifique)?

R: C’est parce que le perroquet EAM s’identifie à l’espèce humaine. Pour l’oiseau, l’agression EST intraspécifique … parce que la méthode d’élevage « eam » imprègne les jeunes perroquets à l’humain! Beaucoup d’autres comportements aberrants de l’oiseau imprégné à l’homme se sont révélés découler directement de la méthode d’élevage « eam », mais l’agression en est certainement le plus douloureux pour nous.

Je sais, j’en parle encore… de « l’eam », mais si on veut comprendre la raison des agressions si souvent rencontrée dans une cohabitation humain-perroquet (faites un tour sur les réseaux sociaux, vous verrez), je ne peux pas ne pas en parler. L’agression d’un animal proie envers un animal prédateur est contre nature, sauf bien évidemment si la proie se défend contre son prédateur, mais autrement, le genre d’agression par irritation, par frustration ou parce que Coco a la mèche courte ne devrait pas se passer. Imaginez un chien qui agirait de la sorte: on dirait qu’il a un sérieux problème de comportement. Les chiens agressifs sont des « erreurs » et malheureusement, trop souvent euthanasiés.

Avec les perroquets, on a fini par s’imaginer que les agressions, même très violentes,  font partie de la fatalité de vivre avec ces oiseaux. Ceux-ci sont élevés dans la visée de ne pas craindre l’homme et pour ce faire, on les *imprègne à l’humain (certains éleveurs s’en vantent même) et à partir de ce moment, très justement… les perroquets ne craignent plus l’humain, il s’y identifient! Voilà!

*Empreinte filiale: « Processus d’apprentissage par lequel les jeunes oiseaux apprennent à reconnaître les caractéristiques de la mère ou des deux parents, dont ils n’ont aucune connaissance innée. » – Bateston- Sluckin – Hess.

 L’empreinte sexuelle: « Processus d’apprentissage par lequel un jeune animal acquiert la connaissance des caractères qui lui permettront ultérieurement d’identifier un partenaire adéquat auquel s’accoupler. Si un jeune d’une espèce sexuellement « imprégnable » est élevé par des parents adoptifs appartenant à une autre espèce, il en résulte des empreintes aberrantes. » Lorenz- Immelmann – Hess – Scudo – Bateston.

Pourquoi je fais plein de citations? Simplement que quand ça vient de moi, on dirait que ça fait moins sérieux. Alors, je cite des vétérinaires comportementalistes, des éthologistes et des biologistes… ainsi, s’il y a des confrontations suite à un de mes textes anti-eam, je ne me sentirai pas visée… Na!

Nous voici donc arrivés au dernier texte de la série des soins d’urgence à domicile pour nos perroquets. Nous avons déjà vu pas mal de situations pour lesquelles notre intervention rapide peut faire la différence entre l’oiseau qui s’en remet ou pas. S’il bénéficie d’un minimum de liberté pour laisser libre cours à son comportement exploratoire naturel (et sain), cette liberté peut aussi le conduire à se mettre en fâcheuse situation. Notre perroquet est un ‘as’ de la boulette, et comme il sait marcher, grimper et voler, tout peut devenir potentiellement dangereux et se transformer en ‘état d’urgence’, et ce, que le perroquet soit de petit gabarit ou un géant.

N’allez jamais croire qu’un perroquet encagé ne peut pas faire de bêtises, loin s’en faut. S’il est constamment en cage (6 heures ou plus par jour), s’il s’ennuie, il déploiera des trésors d’imagination pour passer le temps et briser cet ennui. Qu’imaginera-t-il de bon (ou mauvais) à faire?

Ce petit guide n’a pas pour but de remplacer les précieux soins vétérinaires, mais bien de stabiliser et garder votre oiseau en vie jusqu’à ce qu’il soit pris en charge par un praticien qualifié. À cause de leur métabolisme particulier et surtout rapide, les oiseaux ne peuvent attendre longtemps lors d’urgence avant d’être pris en charge. Votre intervention peut faire la différence entre la vie et la mort de votre chéri.

Ce guide doit être utilisé comme aide et conseil aux soins d’urgence (gestes à poser), mais ne peut en aucun cas se substituer à une visite chez votre vétérinaire aviaire. Vu?

Voici le premier texte du Post des perroquets de l’année 2019. Comme le temps passe vite, il me semble que c’était hier que je commençais à rédiger cet hebdomadaire sur nos oiseaux et nous en somme déjà arrivés au numéro 25. Pfiouuu!!!

On arrive à la troisième partie des urgences ‘domestiques’ concernant notre perroquet. J’espère que vous avez passé un excellent temps des fêtes et que Coco ne vous en a pas fait voir de toutes les couleurs. Dans les deux prochains numéros, on verra encore d’autres urgences, répertoriées comme étant les plus communes. Je sais, vous me direz que ça commence à faire beaucoup, mais disons que je préfère ratisser plus large que mince, parce qu’on ne sait jamais…

Ce petit guide n’a pas pour but de remplacer les précieux soins vétérinaires, mais bien de stabiliser et garder votre oiseau en vie jusqu’à ce qu’il soit pris en charge par un praticien qualifié. À cause de leur métabolisme particulier et surtout rapide, les oiseaux ne peuvent attendre longtemps lors d’urgence avant d’être pris en charge. Votre intervention peut faire la différence entre la vie et la mort de votre chéri.

Ce guide doit être utilisé comme aide et conseil aux soins d’urgence (gestes à poser), mais ne peut en aucun cas se substituer à une visite chez votre vétérinaire aviaire. Vu?

Aujourd’hui, on continue la tournée des urgences ‘domestiques’ concernant notre perroquet. Un accident est si vite arrivé, nous dit on; un accident est par définition un évènement imprévisible et nos perroquets sont les rois de ces ‘imprévisibilités’. Pendant la période des fêtes, les horaires sont bousculés, il y a du monde à la maison, on veille tard, on boit et mange trop, bref tous les ingrédients sont réunis pour une psitta-catastrophe!

Ce petit guide n’a pas pour but de remplacer les soins vétérinaires, mais bien de stabiliser et garder votre oiseau en vie jusqu’à ce qu’il soit pris en charge par un praticien qualifié. À cause de leur métabolisme particulier et surtout rapide, les oiseaux ne peuvent attendre longtemps lors d’urgence avant d’être pris en charge. Votre intervention peut faire la différence entre la vie et la mort de votre chéri.

Ce guide doit être utilisé comme aide et conseil aux soins d’urgence (gestes à poser), mais ne peut en aucun cas se substituer à une visite chez votre vétérinaire aviaire. Vu?

Dans le temps des fêtes, les vétérinaires sont moins disponibles qu’en période régulière. Ainsi, mon premier conseil: informez-vous de l’horaire des fêtes de votre vétérinaire chouchou et s’il n’est pas disponible, demandez-lui une référence pour une clinique ou hôpital qui assure les urgences pendant les congés des fêtes. Ce simple petit geste de prévention peut sauver la vie de votre perroquet.

Quand vous aurez fini de lire ce texte, moi je serai déjà en congé (ceci est le dernier texte du Post des perroquets de l’année 2018). Je vous souhaite un merveilleux temps des fêtes et une année 2019 exceptionnelle sans incident avec vos perroquets, mais si jamais ça arrive (ce que je ne vous souhaite pas), vous connaîtrez certains gestes à poser en attendant de faire voir Coco par un vétérinaire.

Alors, on y va? Pour la seconde partie…

Le temps des fêtes est à nos portes et nous savons tous, nous qui vivons avec des perroquets, qu’à cette période de l’année, la *loi de Murphy finit toujours par s’inviter dans nos festivités.

*Loi de Murphy: S’il existe au moins deux façons de faire quelque chose et qu’au moins l’une de ces façons peut entraîner une catastrophe, il se trouvera forcément quelqu’un (lire: un perroquet) quelque part pour emprunter cette voie.

Je serai en congé des fêtes à partir de la semaine prochaine (ceci est l’avant-dernier texte du Post des perroquets de l’année 2018) et je vous avais promis un petit quelque chose sur les urgences avec nos perroquets. Et bien voilà, nous y sommes, je commence aujourd’hui et la semaine prochaine puis ça se poursuivra en 2019 (entre Noël et le jour de l’an).

Ce petit guide n’a pas pour but de remplacer les précieux et indispensables soins vétérinaires, mais bien de stabiliser et garder votre oiseau en vie jusqu’à ce qu’il soit pris en charge par un praticien qualifié. À cause de leur métabolisme particulier et surtout rapide, les oiseaux ne peuvent attendre longtemps lors d’urgence avant d’être pris en charge. Votre intervention peut faire la différence entre la vie et la mort de votre chéri.

Pour chaque situation, vous saurez ce que vous pouvez faire pour pallier au pire et vous aurez aussi une description de l’intervention du vétérinaire… de même que la raison pour laquelle il sera si important de le consulter.

Ce guide doit être utilisé comme aide et conseil aux soins d’urgence (gestes à poser), mais ne peut en aucun cas se substituer à une visite chez votre vétérinaire aviaire. Vu?

Dans le temps des fêtes, les vétérinaires sont moins disponibles qu’en période régulière. Ainsi, mon premier conseil: informez-vous de l’horaire des fêtes de votre vétérinaire chouchou et s’il n’est pas disponible, demandez-lui une référence pour une clinique ou hôpital qui assure les urgences pendant les congés des fêtes. Ce simple petit geste de prévention peut sauver la vie de votre perroquet.

Alors, à la fin de la lecture de ce texte, vous prenez votre téléphone et appelez tout de suite votre vétérinaire. Ce sera une bonne chose de faite et vous aurez l’esprit plus tranquille pour festoyer joyeusement.

Q- Pouvez-vous juger du bien-être de votre perroquet par son apparence

R- NON!

Comme nous l’avons vu et revu… et revu encore, les perroquets sont des animaux grégaires et surtout des animaux proies. La bande d’oiseaux a préséance sur l’individu et face à un congénère blessé ou malade, ces instincts risquent de prendre le dessus. Conséquemment, le groupe chassera l’infortuné oiseau pour éviter d’attirer un prédateur potentiel. L’oiseau ainsi banni, renié par sa société est ni plus ni moins qu’un animal condamné à mort!

Le perroquet cherchera par toutes les ruses à cacher sa condition le plus longtemps possible aux membres de son groupe, masquer tous les signes de détresse ou de maladie qui pourraient être apparents!

Il n’y a pas de raison qu’il n’agisse pas de la même façon avec vous, puisque ce comportement est instinctif et on le sait… l’inné ne disparaît jamais!

Cliente: Bonjour,  j’ai des problèmes avec mon perroquet. Je voudrais savoir si vous avez des trucs pour le dompter?

Moi: Je peux certainement vous aider, mais je ne vous donnerai pas de ‘trucs’, et encore moins pour « dompter » votre perroquet…

Cliente: Ha! On m’a dit que vous domptiez les perroquets!

Moi: On vous a mal informé madame, je ne sais même pas dompter une puce…

Cliente: Mais, vous domptez les perroquets, non?

Moi: Non, Madame. Je ne dompte personne, moi; même pas mes cheveux ce matin…

Cliente: Vous êtes bien la comportementaliste pour perroquets?

Moi: Oui madame, comportementaliste comme dans comportement; pas dompteuse comme dans domptage…

Cliente: Mon éleveur m’a dit que vous pouviez m’aider à corriger mon perroquet, il a six mois et il est dominant!

Moi: (Soupir!) Je ne suis pas une ‘corrigeuse’ de perroquet non plus et il n’est pas ‘dominant’;  mais si vous le désirez, je peux aider votre perroquet à adapter ses comportements, si vous êtes prête à faire de même avec les vôtres…

Cliente: Mes comportements à moi?

Moi: Mais oui, on va commencer par modifier vos comportements à vous, et comme votre perroquet est un animal intelligent, il s’adaptera à votre nouvelle attitude.

Cliente: Êtes-vous en train de me dire que je suis moins intelligente que mon perroquet?

Moi: Si vous le dites, Madame…

Cliente: Mais ce n’est pas moi qui dois changer, c’est lui! Il est dominant! C’est toujours lui qui commence, moi je ne fais rien. C’est lui qui crie et qui me mord pour rien, ce n’est pas moi qui commence!

Moi: Il a bien fallu qu’il apprenne avant de commencer comme vous dites. Il a six mois, c’est vous qui l’avez socialisé, non?

Cliente: Moi je n’ai rien fait, je ne l’ai pas soci…socia…social…  comme vous venez de dire, là. Je ne lui ai jamais fait ça! Je l’ai élevé depuis qu’il est bébé et maintenant qu’il a attrapé l’adolescence, il est devenu dominant.

Moi: (mes aïeux… très long soupir) Avez-vous 10 minutes ou deux heures? Je vais vous expliquer des choses?

Et c’est reparti pour un tour….

Vous qui vivez avec un perroquet, me parlez souvent de sa surprenante intelligence, de son incroyable capacité à résoudre des problèmes, de sa facilité d’apprentissage et comment il sait agir à propos. Pour qui vit avec un perroquet, il ne fait aucun doute, cet animal est terriblement intelligent.

Mais à quel point l’est-il?
Qu’est-ce qu’on en sait aujourd’hui?
Comment cela se passe-t-il dans sa tête?

Plusieurs études sont venues nous démontrer que les perroquets sont capables de résoudre des problèmes complexes et souvent, de manière plus assurée qu’un jeune enfant. Leur capacité à apprendre à imiter la voix humaine (ou celle d’un autre animal) nous laisse pantois, mais la justesse de leurs propos nous renverse plus souvent qu’à notre tour. Quelle bestiole impressionnante!

Mon texte d’aujourd’hui fait l’apologie de l’intelligence de nos perroquets. Je ne suis pas très objective me direz-vous, et vous aurez probablement raison. Depuis le temps que je parle de ces oiseaux, ce n’est plus un secret pour personne que je suis fan, très fan! Ainsi, mes recherches ont tendance à s’orienter vers ce qui me stupéfie chez ces oiseaux, rarement l’inverse, et je ne m’en excuse pas du tout!

Je sais aussi que vous, les abonnés qui lisez ce texte, êtes au moins aussi groupies que moi sinon plus encore (ça non plus ce n’est pas un secret).

Allez, on part se faire plaisir et on se laisse étonner encore un peu plus, parce que vous verrez, d’un concept à l’autre, Coco saura sérieusement nous mettre sur les genoux!

Quand notre perroquet émet un comportement, on le voit et on peut l’observer. Cependant, on ne peut pas observer la composante subjective de ce comportement, c’est-à-dire, ce que l’oiseau ressent, SA perception à LUI de perroquet de la situation ou de l’évènement. Mais la composante motrice, ça oui, c’est à notre portée, on peut l’observer. Ce sont les réactions comportementales telles la fuite, l’agitation, la prostration, l’agression, etc. Et il y a aussi la composante physiologique tels l’accélération du rythme cardiaque, sécrétion de cortisol ou toute autre modification du fonctionnement de l’organisme. Mais ça non plus on le voit pas trop, on ne peut que l’imaginer quand Coco émet un comportement de frayeur ou de joie intense.

Ainsi, nous n’avons pas accès au ressenti de notre oiseau, ça ne s’observe pas. On ne peut se fier qu’à l’aspect observable du comportement, ce qu’il nous montre, et à ce qu’on connaît de son historique, de son itinéraire; on doit composer avec ces minces informations. À travers son comportement ‘observable’, Coco nous donne une partie de son point de vue sur la façon dont il perçoit un évènement, comment il se sent et les émotions qui le traversent. C’est à nous d’être attentifs à lui et de tenter de nous expliquer ses conduites en prenant comme base son éthogramme (on commence toujours par là) et l’observation de la séquence comportementale, soit ce qui a mené à…

Allons voir ce que notre perroquet a à nous dire…

Il était là, sur le parquet en plein centre de la boutique, dans une toute petite cage sur laquelle on avait fixé un écriteau ‘Attention à vos doigts, je mords.’ Une bande d’enfants s’excitait autour de lui, criant et frappant sur la cage sans que le personnel de la boutique n’intervienne, et lui, il ne bougeait pas, ne réagissait pas, il se contentait de baisser la tête et de fermer les yeux. Un pitoyable cacatoès blanc, déplumé et complètement apathique, qui était pourtant, lors de notre première rencontre, un oiseau magnifique de quatre mois. Je le sais parce que je l’avais remarqué l’année précédente, dans cette même animalerie. Je me souvenais très bien avoir demandé à parler au propriétaire de l’endroit et lui avoir mentionné que la cage de cet oiseau était ridiculement trop petite pour lui, ce à quoi il m’avait répondu ‘C’est temporaire ma petite dame, il vient d’arriver, je lui ai commandé une autre cage plus grande que je devrais recevoir la semaine prochaine!’

Je me suis toujours méfiée des messieurs qui s’adressent à moi avec un ‘ma petite dame‘, je n’ai pas beaucoup de points de repère sociaux pour savoir si on me ment, mais ‘ma petite dame‘ est un excellent marqueur qui m’indique que cet homme-là n’est absolument pas fiable et la suite de l’histoire me donne généralement raison. Ce jour-là, j’étais pressée, je me suis contentée de lui faire le regard le plus sceptique et mauvais dont je suis capable (ce qui n’a jamais impressionné quiconque, je ne sais pas me composer un visage méchant), j’ai payé mes achats et je suis repartie.

On vient de fêter le troisième anniversaire de Coco et Madame est complètement affolée; elle pense qu’elle a dû faire ‘quelque chose de mal’ parce qu’elle ne reconnaît plus son petit oiseau. ‘Il a tellement changé ces derniers temps’,  me dit-elle au bout du fil, ‘il est plus indépendant avec moi, on dirait qu’il préfère mon époux, même qu’il me menace quand je veux le prendre et qu’il est posé sur lui. Il n’a jamais fait ça! Avant, il n’avait de cesse que d’être avec moi ou dans mes bras. Maintenant, je ne peux interagir avec lui que lorsque mon mari n’est pas à la maison parce que quand il est là, on dirait que mon petit Coco me déteste. J’ai du faire quelque chose de mal.’

Il semblerait bien que Coco soit devenu ce qu’on appelle ‘l’oiseau d’une seule personne’, mais ce n’est pas arrivé comme ça du jour au lendemain, on lui a appris à agir de la sorte. Je m’explique…

Coco vient de passer sa mauvaise humeur sur nos doigts, ça fait mal et on en cherche naturellement la raison parce qu’encore une fois… ‘il nous a mordus pour rien.’ Alors, c’est devenu la norme,  on se tourne vers les réseaux sociaux, il y a bien quelqu’un qui aura une réponse toute faite pour moi.

On expose notre problème et les réponses, surtout les solutions ne se font pas attendre. Elles se résument bien souvent par ceci:

Réponse: C’est parce qu’il cherche à vous dominer. C’est connu, les perroquets sont tellement dominants.

Solution: Ne vous laissez pas faire, vous devez lui démontrer que c’est vous qui commandez, que c’est vous le dominant du groupe.

Ainsi, selon nos experts médias-sociaux, la bonne question à se poser quand on cohabite avec un perroquet serait ‘Who is the boss?’ Qui de vous ou de lui commande dans cette maison… La dominance des perroquets semble encore de nos jours faire consensus dans les milieux aviaires.

Mais d’où vient cette proposition? Des éthologistes? Des chercheurs sur le terrain? Des biologistes?  D’une recherche scientifique quelconque? La réponse est: aucune de ces réponses!  Aucune hiérarchie de dominance chez les perroquets n’a été observée ni répertoriée à ce jour dans les groupes de perroquets en milieu naturel et rien dans leur éthogramme ne laisserait à penser que ces oiseaux auraient des tendances à la dominance.

Un mensonge répété des milliers de fois peut-il devenir vérité?
Avec l’omniprésence des médias sociaux dans l’univers de nos perroquets, cette citation devient de plus en plus d’actualité. Nous sommes entrés dans une ère où les faits ne sont plus vraiment importants; dans une ère où l’unanimité collective devient vérité et circule à vitesse grand ‘V’ sur Internet… Nous sommes entrés dans l’ère de la ‘Fake news’ commode qu’on tient pour vérité simplement parce qu’elle nous arrange bien.

L’humain, langue seconde
Mais oui, le perroquet est en quelque sorte bilingue; pas parfaitement bilingue, mais bilingue dans la mesure où il peut arriver à comprendre le langage humain et communiquer dans cette langue qui est loin d’être sa communication naturelle. Ainsi, le perroquet peut arriver à interagir avec un humain en apprenant quelques rudiments de base de la langue de ce dernier et en utilisant des sons (mots) porteurs de sens. Le contraire est peu probable (aucun humain ayant appris le langage perroquet n’a été répertorié à ce jour).

L’attrait de communiquer à la manière de la communauté ‘dominante’ humaine fait partie de l’instinct d’intégration qui découle directement de l’instinct grégaire.

Le perroquet qui partage notre vie ainsi que celle d’autres perroquets est réellement plurilingue du fait qu’il vit dans une société biculturelle où le bilinguisme (humain / perroquet) devient essentiel (s’il en a la capacité) à son intégration dans les deux groupes. Comme le langage humain est souvent considéré comme le dialecte dominant, les perroquets s’interpellent souvent entre eux en l’utilisant. Souvent, ce genre de comportement ressemble plus à des joutes oratoires. Les perroquets s’envoient réciproquement à la tête tout leur répertoire humain sans se soucier du sens des mots et de la communication des bonnes informations; les sons ne veulent plus rien dire et sortent pêle-mêle. C’est à celui qui réussira à avoir le dernier mot… humain!

‘Le langage, avant de signifier quelque chose, signifie pour quelqu’un.’ – Jacques Lacan

Plusieurs facteurs induisent notre choix dans la volonté de vivre avec un perroquet, mais là où ce merveilleux animal nous fascine le plus, c’est cette faculté qu’il a de reproduire la voix humaine et de communiquer avec nous dans notre propre langage. Dans la réalité, c’est malheureusement une très mauvaise raison. Malgré le fait que presque tous les perroquets puissent parler, seul un faible pourcentage d’entre eux s’exécutera de bonne grâce.

C’est dommage, c’est une des principales doléances que je reçois par courriel ou téléphone de la part d’humains qui sont déçus de leur perroquet: ‘Il ne parle pas!’  Pourtant, ces oiseaux ont tellement plus à nous apporter que le simple fait de nous divertir en jacassant. Je n’ai personnellement jamais mis d’emphase sur les facultés langagières de mes oiseaux. Aucune session d’entraînement, aucune attente ni aucune demande. Si certains de mes perroquets ont un vocabulaire élargi, c’est tout simplement qu’à la maison je parle constamment: je raconte, j’explique, divague, chante au gré des situations et de mes fantaisies et ce n’est que de là que provient leur lexique.

Mes oiseaux sont bien, libres et, je crois, satisfaits dans leur environnement. Cette interaction leur donne envie d’apprendre à communiquer avec moi, mon mari et quelques fois des invités (pas toujours). Malgré que leur premier choix soit généralement de communiquer en ‘mode perroquet’, ce qui est ma foi tout à fait normal, ils consentent quand même à faire l’effort de s’adresser à nous dans notre propre langage. Ils en sont peut-être venus à la conclusion qu’ils ont plus de chances ainsi de se faire comprendre des êtres limités que nous sommes… et ils auraient bien raison!

Aujourd’hui je vous parle du langage du corps de votre perroquet, de son langage émotif. Coco communique de cette manière en tout temps, à tout moment. Il vous raconte sa vie au fur et à mesure qu’elle défile. Rien n’est caché avec un perroquet, pas de secret, il vous exprime ce qu’il ressent tout au cours de la journée, des heures, des minutes, des secondes. Regardez-le bien, là tout de suite, observez-le, il exprime quelque chose, le voyez-vous?

Coco nous communique ses émotions ou les intentions qui y sont liées par une combinaison parfois subtile de signes qu’on appelle ‘comportements expressifs’ qui, tous mis ensemble, constituent pour un autre perroquet ou l’humain avisé un message lisible et clair. Ces comportements ont pour fonction la communication et servent soit à influencer l’humeur, soit à déclencher des réactions du récepteur (individu ou groupe).

Le terme ‘comportements expressifs’ désigne toutes les conduites qui favorisent la compréhension intra et parfois extra spécifique. Pour décoder le langage de votre perroquet, vous n’aurez d’autre choix que de l’observer attentivement.

Ce qu’il faut observer:
• Le regard
• La dilatation des pupilles
• L’endroit où porte le regard
• La forme des yeux
• Le port de tête
• La position de la tête
• La posture de l’oiseau
• Le positionnement du corps et des pattes
• Les mouvements du plumage
• Les mouvements de la queue
• Les mouvements de tête et du corps de l’oiseau
• Alouette…♫♫♫

On continue sur le thème de la communication et dans ce billet, on parle de la communication naturelle de Coco. Pas de ses facultés langagières, on verra ça plus tard, mais bien de sa façon à LUI d’entrer en communication avec vous et votre famille, avec ce qu’il considère être son groupe social. On découvrira l’importance que revêt cette communication dans le monde de perroquet de votre oiseau. Coco crie pour nous communiquer une information ou pour en obtenir une. Bien oui, c’est normal, mais à quel point est-ce normal?

À ceux qui se risqueraient à croire en lisant ces lignes qu’ils auront enfin mis la main sur une espèce de pierre philosophale qui transformera leur pipelette de perroquet en oiseau quiet et insonorisé, je vous avise tout de suite que vous courez à la déception. Parce que décider de vivre avec un ou plusieurs perroquets inclut automatiquement d’accepter le niveau de cacophonie qui vient de série avec ces charmants petits volatiles. C’est une des clauses indissolubles du contrat que vous avez signé (sans le savoir) avec votre perroquet au moment de l’adoption.

Je ne voudrais pas vous désillusionner, mais lorsqu’on se risque à parler d’un perroquet calme ou modéré, on ne parle pas du tout d’un perroquet aphone. Disons plutôt qu’on le cite en parallèle avec un perroquet à la voix assourdissante parce que s’il y a une chose que vous devez absolument comprendre ici, c’est qu’un perroquet qui ne produit aucun son, ça n’existe pas!

Il est très tôt le matin au moment où j’écris ce billet, bien installée à mon bureau, avec ma tasse de café et mes oiseaux épars un peu partout autour de moi. Je me dois de composer avec les jacasseries et onomatopées incessantes des gris d’Afrique, les ‘lalalala’ de Chichou ma fille Cacatoès qui révise son palmarès, les ‘couack, couack, grogne, grogne’ de Quita, ara ararauna de son état qui ne sait pas maugréer en silence, ainsi que les criaillements de Bib, mon adorable Timneh, qui en découd avec son jouet préféré.

Seul le toilettage mutuel et surtout silencieux de mes deux amazones offre un peu de répit à mes oreilles. Il est 7h00 du matin et je sais que j’en ai jusqu’à 11h00 de ce dissonant orchestre, puisqu’enfin, ce sera l’heure de la sieste des oiseaux et je pourrai à ce moment savourer le son apaisant du silence.

Mes perroquets ne sont pas bruyants et je ne considère pas qu’ils soient criards, du moins, pas plus que d’autres. Ils sont tout simplement en vie, plus particulièrement à certains moments de la journée! C’est ça cohabiter avec des perroquets! Je le sais et j’accepte le contrat.

Si vous ne pouvez supporter cette condition, optez pour un poisson rouge, un hamster ou une tarentule comme animal domestique. Les perroquets, sachez-le, sont des animaux qui s’expriment et souvent, ils le font avec force et conviction!

Comme je l’ai souvent mentionné dans mes ouvrages, le perroquet est un animal qui n’a que quelques décennies de vie en compagnie des humains. Contrairement à nos chiens ou chats qui ont évolué pour vivre en compagnie des hommes depuis des millénaires, le perroquet lui n’a pas de générations successives d’adaptation à la vie dite ‘d’animal domestique’. Pour cette raison, sa programmation de base (qui a demandé des millions d’années à se construire) est demeurée intacte. Les instincts de la bestiole sont encore à ce jour indomptés, c’est-à-dire qu’ils n’ont subi aucune modification ni génétique, ni comportementale. Le perroquet même né en captivité, nourri et élevé par l’humain, réagira instinctivement à un stimulus.  Cependant, la réponse de l’oiseau risque d’être totalement inadaptée à la situation puisqu’elle ne sera pas supportée par une solide socialisation.

Votre perroquet est un animal d’instinct sauvage! Ainsi, les nombreux besoins physiques et psychologiques du perroquet se butent à notre mode de vie d’humain. C’est un animal exigeant, difficile à contenter à plusieurs niveaux. Par expérience, je peux vous affirmer que le perroquet demande beaucoup plus d’investissement en temps, en attention et en observation que nos chiens et nos chats.

Lorsqu’on acquiert un perroquet, nous avons une idée préconçue du compagnonnage idéal avec cet animal. Nous avons des attentes, des espérances, des aspirations, mais il y a peu de chances que ça se passe de la manière dont nous avons idéalisé cette relation. Parce qu’il a la capacité d’imiter notre langage, nous avons tendance à penser que cet animal s’accommodera de ce qui nous satisfait nous; que ce qui nous rend heureux fera aussi son bonheur; que ce qui est bon pour nous l’est aussi pour lui. We are wrong!

Bon, les perroquets en ont un peu marre qu’on leur ramène le ‘problème de comportement’ pour tout et pour rien. Quand l’oiseau agit sans que ce soit à la convenance de l’humain, on pointe illico le ‘problème de comportement’. Un peu rapide sur la gâchette l’humain pour accuser l’oiseau à tort et à travers. Pourtant, comme nous l’avons vu dans les billets précédents, il y a de ces comportements qui nous semblent dérangeants et qui pourtant sont tout à fait normaux pour eux. Le perroquet est de nature plutôt ‘psttadiaire’.

Combien de fois ai-je entendu: ‘Mon perroquet fait ceci; mon perroquet a agi comme ça; est-ce que mon oiseau est normal ou est-ce un problème de comportement?’

Ma conure crie toute la journée; mon gris d’Afrique ne parle pas…’
Bien oui, la question se pose: C’est quoi être normal pour un perroquet?

Dire qu’une conure est bruyante est presque un pléonasme!  Bien sûr la conure sait se contenir, mais peut-être qu’elle n’en a pas envie. Crier est le mode de communication par excellence des conures; alors, peut-être est-ce une super communicatrice qui en a long à vous raconter à votre retour du travail? Peut-être est-ce sa façon de vous faire comprendre qu’elle a envie de votre compagnie et qu’elle ne compte pas pour des prunes? Peut-être est-ce simplement, comme les conures le font en nature, pour vous communiquer sa localisation dans la maison ou la direction qu’elle décide de prendre lorsqu’elle s’envole? Qui peut dire?

Se plaindre de son gris d’Afrique de cinq ans qui ne parle pas sans se poser les questions suivantes: Peut-être n’est-il pas doué simplement? Peut-être n’en ressent-il pas le besoin parce qu’il arrive à se faire comprendre autrement? Peut-être n’en a-t-il tout bêtement pas envie? Bien évidemment que le gris est reconnu pour ses facultés langagières ‘humaines’; tous ont la capacité de s’exécuter, cela fait partie de leur bagage génétique, mais tous ne voient pas nécessairement l’intérêt de le faire. Si votre oiseau refuse ou ne sent pas le besoin de parler humain, peut-on alors parler d’un gris d’Afrique anormal?

Dans mon propre bagage génétique humain (et dans le vôtre), il est inscrit que j’ai la possibilité de faire un salto arrière, de garder mon équilibre sur une corde ou encore de courir le 100 mètres en 17 secondes. Est-ce que je le fais pour autant? Prenez ma  parole si je vous réponds non. Je n’ai jamais fait l’effort de développer ces compétences, je n’en avais simplement pas l’envie, pas du tout d’intérêt pour ces activités. Est-ce que je suis une humaine normale docteur?