Les sites de ponction veineuse chez le perroquet


par Kym LeCault TSA


 

En faisant l’acquisition d’un nouveau perroquet, il est recommandé de faire tester votre oiseau pour certains virus ou maladies ou du moins, de faire un bilan sanguin de base (hématologie et biochimie). Pour ce faire, votre vétérinaire aura besoin d’effectuer un prélèvement sanguin sur votre perroquet. Il y a plusieurs sites pouvant être utilisés pour procéder à une prise de sang chez un oiseau. Dans ce texte, vous découvrirez ces différents sites de ponction ainsi que leurs avantages et désavantages respectifs.

Le volume sanguin chez l’oiseau varie entre 6 et 12 % de son poids corporel selon l’espèce. Il est raisonnable de faire une moyenne et d’estimer que le volume sanguin d’un perroquet est de 10 % de son poids total. Lors d’une prise de sang, nous pouvons retirer une quantité de sang correspondant à 1 % du poids du perroquet s’il est en santé et 0,5 % s’il souffre d’une maladie.

 

Où et comment prendre du sang?

Les sites utilisés pour la ponction chez le perroquet sont généralement la veine jugulaire droite ou la veine métatarsienne médiale. La veine ulnaire, que l’on retrouve dans la partie interne de l’aile, peut aussi être utilisée; par contre, elle est sujette à la formation d’hématome très facilement. Et naturellement, il est possible d’utiliser les veines des griffes (quoique je n’utiliserais ce site qu’en dernier recours, car cela occasionne une vive douleur à l’oiseau).

Veine jugulaire droite

La veine jugulaire droite est plus large et visible que la veine jugulaire gauche et c’est pour cette raison que nous préférons utiliser celle-ci. Il est important d’être conscient par contre, que l’utilisation de cette veine comporte un risque. Tout près de cette veine, reposent le sac aérien cervicocéphalique (en partie dorsale) et le jabot (en partie ventrale). Dans le cas où l’oiseau serait très stressé (ce qui n’est pas rare), le sac aérien peut se gonfler un peu ou démesurément, ce qui rend la ponction difficile. De plus, si le sac aérien est perforé lors de la ponction et que l’hémostase (l’arrêt du saignement) n’est pas appliquée de façon appropriée sur le vaisseau, du sang pourrait potentiellement pénétrer dans le sac aérien. Si du sang parvient au sac aérien, le perroquet pourrait éternuer du sang ou un caillot sanguin. Même une procédure parfaitement exécutée peut mener à une perforation du sac aérien. De plus, dans le cas où une coagulopathie (problème de coagulation sanguine) est suspectée chez l’oiseau, ce site de ponction veineuse devrait être évité en raison de la difficulté de pratiquer une hémostase. Ceci s’explique par le fait qu’il est difficile de faire une forte pression sur le cou du perroquet sans risquer de gêner sa respiration. Malgré cela, la veine jugulaire est un excellent site de prélèvement nous permettant d’acquérir un bon volume de sang rapidement.

Veine métatarsienne médiale

Ensuite, nous avons la veine métatarsienne médiale. Elle est située dans l’articulation du tarse sur la partie interne de la patte. C’est un vaisseau très stable et peu mobile donc cela réduit le risque d’hématome quoiqu’il soit impossible de promettre qu’un hématome ne se formera pas après un prélèvement sanguin. Il est toujours possible que l’oiseau bouge ou que la pression exercée sur le vaisseau après la prise de sang ne soit pas assez rapide et adéquate. Un autre avantage d’utiliser cette veine est la possibilité d’appliquer un bandage sur cette dernière pour aider à l’hémostase. Évidemment, lorsque le perroquet porte une bague ou lorsqu’il est "bien en chair" et que la veine est par le fait difficilement accessible et/ou visible, la veine jugulaire serait peut-être une meilleure option. De plus, les petites espèces de perroquets comme les perruches ondulées, les perruches calopsittes, les inséparables et de nombreux autres ont une veine métatarsienne médiale si petite qu’elle rend sa ponction pratiquement impossible. Ainsi, il est plus recommandable d’utiliser la veine jugulaire chez les petites espèces.

 

Référence
Revue : Veterinary technician, Avian venipuncture, octobre 2004, page 723 à 725.

 

 

 

© Kym Le Cault 2009

 

Photos
Tara, amazona aestiva, Alexandra Martins
Pablo, psittacus erithacus erithacus, CAJV