Petit carnet de santé de la perruche ondulée
et de la perruche calopstitte


par Manon Tremblay DMV


 

La perruche ondulée (melopsittacus undulatus) et la perruche calopsitte (nymphicus hollandicus), sont deux espèces que je rencontre très fréquemment en consultation. Pas étonnant qu’elles soient si populaires : elles possèdent chacune une personnalité attachante et de plus en plus d’amateurs d’oiseaux tombent littéralement sous leur charme!

Certains problèmes de santé particuliers à ces oiseaux sont discutés dans ce texte ainsi que quelques informations amusantes les concernant.

 

La perruche ondulée

 

  • On peut la considérer comme un animal domestique, car elle fait l’objet de reproduction en captivité depuis les années 1800.


  • La maturité sexuelle survient vers l’âge de six (6) mois chez la plupart des individus. Cependant, les chercheurs ont observé que certains mâles précoces produisaient déjà des spermatozoïdes 60 jours après leur sortie du nid.


  • La longévité normale se situe entre cinq (5) et dix (10) ans, le record étant de dix-huit (18) ans.


  • Dans son habitat australien d’origine, les perruches ondulées se nourrissent principalement de graines des plantes indigènes.


  • La perruche est très active en nature et vole de grandes distances. Plusieurs problèmes de santé rencontrés en captivité découlent de leur sédentarité forcée (plumes de vol taillées et cages trop exiguës).

 

 

La perruche calopsitte

 

  • La maturité sexuelle survient entre six (6) mois et un (1) an.


  • La longévité maximum rapportée pour la perruche calopsitte est de trente-deux (32) ans, bien que votre petit perroquet vivra fort probablement une longévité normale de dix-huit (18) à vingt-deux (22) ans.


  • À six (6) mois, la mue des plumes de bébé laisse place au plumage d’adulte.


  • La perruche calopsitte consomme principalement des graines dans la nature.

 

Obésité

L’obésité touche principalement la perruche ondulée, mais aussi parfois la perruche calopsitte. Une diète mal équilibrée et le manque d’exercice en sont les causes. Le perroquet obèse est parfois couvert de grosses plaques de gras appelées lipomes. Elles forment des renflements, qui ressemblent à des enflures, au niveau de l’abdomen et du jabot. Un foie malade n’est pas rare chez l’oiseau obèse. En effet, les cellules de l’organe sont facilement envahies par du gras qui entrave leur bon fonctionnement. Comme le foie participe à la bonne coagulation du sang, on peut supposer que l’oiseau ayant un problème de poids aura aussi un retard de la coagulation sanguine. Concrètement, une griffe taillée trop courte chez cet oiseau va saigner anormalement longtemps et sera difficile à cautériser. Le saignement d’une plume de sang cassée peut même être fatal.

Mettre un oiseau à la diète doit se faire avec beaucoup de prudence. Des aliments santé sont mis à sa disposition : moulée, légumes frais, fruits, graines germées, pain de blé ou de céréales complètes, pâtes. Les graines régulières ne sont jamais complètement enlevées. Il serait trop risqué que le perroquet cesse complètement de s’alimenter. Cependant, le millet peut être offert en plus grande quantité pour les irréductibles des graines qui refusent tout autre aliment. Le millet contient moins de gras que les autres graines. Quoi qu’il en soit, tout changement alimentaire chez l’oiseau doit se faire graduellement et sous haute surveillance. Il ne faut jamais le brusquer. L’oiseau anorexique est toujours en danger.

En plus de demander plus d’effort au cœur et de provoquer une usure prématurée des articulations et du dessous des pattes, un surplus de poids prédispose au diabète (surtout documenté chez les femelles perruches calopsittes).

N’hésitez pas à encourager votre perruche à faire de l’exercice en lui procurant une cage immense et remplie de jouets. Sortez-le souvent et faites-le participer à vos activités. En ce qui concerne l’obésité, la prévention demeure la meilleure solution. Faire maigrir un perroquet, ce n’est jamais facile.

 

Observation à propos de la moulée

Dre Margaret A. Wisseman faisait cette observation lors du Western Veterinary Conference en février 2003 : elle et certains de ses confrères ont remarqué que plusieurs perruches calopsitte nourries exclusivement de moulée, développent avec le temps une maladie rénale. La moyenne d’âge de ces oiseaux se situe entre cinq (5) et dix (10) ans. Dre Wisseman émet l’hypothèse que la moulée contient peut-être trop de protéines et/ou de vitamine D3 pour cette espèce d’oiseau qui se nourrit principalement de graines à l’état sauvage. Ce surplus endommage les reins de l’oiseau.

Mon expérience personnelle tend à s’harmoniser avec l’observation du Dre Wisseman. L’autopsie de quelques perruches calopsittes nourries seulement à la moulée dont une recevait en plus un supplément de vitamines et minéraux, m’a indiqué (par analyse microscopique) que le décès était dû à une maladie rénale secondaire à une surconsommation de vitamine D3. Il ne faut pas éliminer la moulée de la diète de la perruche calopsitte, mais il est préférable qu’elle ne soit pas le seul aliment offert. Des graines, fruits, légumes et bons aliments de table ont leur place dans un régime équilibré.

 

Mauvais fonctionnement de la glande thyroïde

Une carence en iode entraîne un gonflement de la glande thyroïde chez la perruche ondulée. Elle comprime alors la trachée et l’œsophage et cause des désagréments: essoufflement, sifflements respiratoires à l’exercice ou au repos, queue qui bouge à chaque respiration, régurgitation. La perruche à la thyroïde malade a souvent tendance à prendre facilement du poids et parfois, de longs duvets blancs sont visibles à travers ses plumes colorées. Cette condition est rare de nos jours. Ces perroquets sont pour la plupart bien nourris. Heureusement, la maladie se guérit bien avec un supplément d’iode.

 

Parasites

Certains sont faciles à observer donc à diagnostiquer. D’autres sont beaucoup plus hypocrites et leur présence n’est trahie que par des symptômes très subtils.

 

Galle de bec de la perruche ondulée- Knemidokoptes

Petite mite microscopique, elle creuse de tout petits tunnels dans la corne du bec, des pattes et parfois dans la peau entourant les yeux et l’anus. Cette activité particulière du parasite provoque sur les parties affectées de l’oiseau l’apparition de croûtes blanches plus ou moins épaisses. La contagion se fait par contact avec un oiseau infesté ou un accessoire contaminé. Plusieurs espèces d’oiseaux peuvent être contaminées, mais le problème se rencontre presque exclusivement chez la perruche ondulée. Le parasite est facilement contrôlé avec l’Ivermectin.

 

     

Poux rouges

Ce pou, actif la nuit, suce le sang et se répand rapidement d’un oiseau à l’autre. Il contamine aussi facilement l’environnement. En absence d’oiseau, ce parasite ose piquer l’humain. On suspecte le problème chez un oiseau pris de démangeaisons intenses et qui est nerveux, agité. Pour démasquer le parasite: couvrir la cage d’un coton blanc et observer la présence de petits points rouges mobiles la nuit venue. L’Ivermectin est un traitement efficace.

 

Giardia sp

Plusieurs perruches calopsittes et ondulées sont infestées de ce parasite intestinal sans que rien ne paraisse dans les fientes. Sa présence se traduit par du picage ciblé sous les ailes et sur les pattes, rarement ailleurs sur le corps. Le traitement est parfois difficile, le parasite ayant une facilité à développer une résistance aux médicaments.

 

Ascaris – vers ronds

Il semble que nos oiseaux originaires du Québec soient rarement incommodés par des vers ronds. Cependant, avec les importations de plus en plus fréquentes, on peut supposer que ce problème sera de plus en plus rencontré, particulièrement avec les oiseaux provenant des États-Unis. Ceux originaires des états du Sud, plus particulièrement la Floride, sont presque toujours infestés par ce type de vers. Tout oiseau provenant de ces régions devrait être vermifugé de routine même si l’analyse de leurs selles ne démontre pas la présence d’œuf du parasite. Il est possible d’identifier l’état d’origine d’un oiseau importé en observant le code inscrit sur sa bague de quarantaine. Trois lettres et trois chiffres y sont inscrits. Si l’oiseau vient de la Floride, la première lettre de la séquence est "F".

 

 

 

© Manon Tremblay 2005

 

Article connexe
La perruche calopsitte ou cockatiel

 

Photos
1- Angel, melopsittacus undulatus, Nancy Brunet
2- Nymphicus hollandicus, Diane Vachon
3- Whyppet, nymphicus hollandicus, CAJV
4 et 5- Melopsittacus undulatus victime de la gale, Jeanne Bessette