Mais qu’est-ce que la glande uropy…, urapo…, Uripyg…, oui c’est ça: uropygienne!?


par Kym Le Cault  TSA


 

Selon mon expérience clinique, j’ai été à même de constater que beaucoup de gens ne connaissent pas cette partie de l’anatomie de leurs oiseaux. J’aimerais en profiter pour vous donner un conseil qui est valable aussi pour tous les autres animaux et non seulement les oiseaux: lorsque vous jouez avec votre oiseau, lorsque vous le caressez ou lors de toute autre manipulation agréable, profitez de la situation pour observer et "taponner" toutes les parties de son corps. Évidemment, un lien de confiance devra avoir été établi préalablement entre vous et votre oiseau pour qu’il vous permette de le toucher partout de la sorte! C’est en connaissant bien son animal que l’on apprend à reconnaître plus facilement les signes annonciateurs de quelque chose qui ne va pas.

Comme la glande uropygienne est une glande qui peut parfois occasionner des problèmes au perroquet, je suis d’avis qu’il est important que tous les propriétaires de perroquets fassent connaissance avec cette petite coquine afin d’être en mesure de déterminer si la glande en question est normale ou pas. Bien des gens ignorent l’existence de la glande uropygienne parce qu’elle n’est pas visible au premier coup d’œil. Elle se situe à la base de la queue en partie dorsale sous les plumes. Elle est bilobée (séparée en deux lobes) et également constituée d’une papille (petite éminence à la surface de la peau ou d’une muqueuse) qui est recouverte par une "touffe" de plumes formant ce que nous appelons communément la "mèche". D’accord, mais à quoi sert-elle, me direz-vous? Elle sécrète un liquide épais et incolore qui dégage une légère odeur de musc caractéristique. Lorsque le perroquet fait sa toilette, il "étend" cette sécrétion sur son plumage en lissant ses plumes et cela permet son imperméabilisation.

Les problèmes pouvant toucher la glande uropygienne sont les suivants: impaction, infection et cancer. Lorsque vous notez une zone dénudée (absence de plumes) au niveau de la papille de la glande, cela peut être un indicateur de problème. L’impaction de la glande est l’affection la plus commune qui peut atteindre cette dernière. Les signes cliniques que vous pourrez observer sont une inflammation de la glande et un assèchement de la "mèche". Dans plusieurs cas, les canaux qui conduisent les sécrétions jusqu’à la papille seront obstrués par ces mêmes sécrétions qui se seront durcies pour former un "bouchon" (à l’occasion, un abcès peut se former lorsqu’il y a occlusion). L’application de compresses d’eau tiède/chaude et l’exécution de légers massages peuvent résoudre le problème dans certains cas. Lorsque cela n’est pas suffisant, votre vétérinaire pourra vous suggérer une thérapie médicale et une vidange douce de la glande. Finalement, dans le cas où cela ne fonctionnerait pas non plus, il pourrait être nécessaire que votre vétérinaire procède à une incision du ou des deux lobes de la glande (selon lequel est affecté) afin de parvenir à vidanger la glande efficacement. Il pourra ensuite irriguer avec de la saline et instaurer un traitement aux antibiotiques et aux analgésiques (antidouleur). Malgré toute cette bonne volonté, il est malheureusement parfois nécessaire de se rendre en chirurgie pour aller retirer la glande lorsque toutes les autres options ne permettent pas de régler le problème.

Comme mentionné plus haut, la glande uropygienne peut devenir cancéreuse. Parfois, le cancer est masqué par les écoulements secondaires à l’inflammation. L’adénome et le carcinome sont deux types de cancer pouvant atteindre cette glande. Le bon côté de l’adénome est que ce dernier est souvent bien circonscrit (localisé) et encapsulé par rapport au carcinome, qui lui est souvent invasif (il s’infiltre dans les tissus environnants). Le pronostic dépend évidemment du type de cancer et de la possibilité de procéder à son excision complète (retrait) en chirurgie.

Pour certains perroquets (plus chanceux que d’autres, dirons-nous), la glande uropygienne est absente. Je pense entre autres au cacatoès citron, à plusieurs espèces d’amazones dont l’amazone à front jaune, aux aras chloroptère et hyacinthe et certains autres.

Il est important de savoir que les problèmes reliés à la glande uropygienne peuvent causer beaucoup de tort à votre oiseau s’ils ne sont pas traités à temps, d’où l’importance de connaître cette partie de son anatomie pour pouvoir déceler des anormalités rapidement. En l’absence de traitement, la glande peut "rupturer", causer beaucoup d’inflammation et entraîner la formation de tissu cicatriciel. Le mot d’ordre est: l’observation!

 

 

 

 

 

 

© Kym Le Cault 2007

 

Photos
Elmo, ara macao, CAJV